Nous sommes dans un cercle vicieux où les problèmes engendrés par l’agriculture « moderne » poussent les exploitants à labourer leurs terres encore plus profondément, à cultiver plus intensément, à consommer plus d’eau, de pesticides et d’engrais… Et si changer notre façon de travailler la terre changeait tout cela ?

 

Arrêtons de sur-protéger les cultures !

Aujourd’hui de nombreuses solutions sont testées et montrent qu’il est possible de nourrir la planète ET de la respecter. On entend de plus en plus parler du bio, de la permaculture, de l’agroécologie ou encore de la biodynamie. Sans entrer dans le détail de toutes ces pratiques, une des principales règles est de bichonner le sol pour qu’il soit de la meilleure qualité possible et abrite un maximum de faune et de flore. En effet, un sol vivant est capable de stocker du carbone, de mobiliser les réserves du sol et de les rendre disponibles pour les plantes. Une cuillère à café de sol vivant contient plus de micro-organismes que d’habitants sur notre planète ! Ces micro-organismes contribuent à la nutrition des plantes mais également à leur protection contre les pathogènes, à la dépollution des sols et à la formation d’humus. L’humus est la matière organique stable du sol. Il agit comme une éponge lors de pluies importantes et peut restituer des nutriments aux plantes sur le long terme, c’est une sorte de réservoir. Les plantes qui poussent sur un sol vivant ont donc tout ce qu’il leur faut pour pousser et les fruits qu’elles produisent sont plus riches et équilibrés en nutriments. De plus, comme elles ne sont pas surprotégées par tout un tas de produits chimiques tuant les pathogènes, elles sont parfois attaquées. Mais c’est une bonne chose car les plantes n’ayant pas de pattes pour fuir leurs prédateurs, elles sont obligées de développer des défenses chimiques. Elles agissent de même lorsqu’elles sont stressées par un manque ou un excès de lumière, de chaleur ou d’eau. Les molécules anti-stress qu’elles produisent sont très bonnes pour notre santé, c’est par exemple le cas des antioxydants (xanthophylles, vitamine C). Les fruits et les légumes qui ne sont pas boostés aux engrais ne sont peut être pas aussi gros que ceux qui ont poussé de manière conventionnelle mais ils sont bien plus riches en éléments nutritifs !

 

Favoriser un sol vivant

Un sol vivant fonctionne comme une micro-usine souterraine. Les milliers de micro-organismes s’activent tous les jours : ils mangent, respirent, se déplacent, font leurs besoins, se reproduisent et meurent. Toute cette activité permet de dégrader les feuilles mortes et autres débris végétaux ou animaux (matière organique) tombés au sol pour restituer les éléments nutritifs qu’ils contiennent au sol et aux plantes. Garder un sol vivant et faire en sorte que de la matière organique soit régulièrement apportée permet de boucler le cycle du vivant. Ainsi du carbone est stocké durablement dans les sols. Les quelques 32 milliard de tonnes de CO2 rejetés par l’activité humaine chaque année pourraient être compensés par ce stockage. Associer des arbres aux cultures, tel que cela était fait avant les remembrements ruraux ayant supprimés la plupart des haies vives entre les parcelles, est également une solution à bien des problèmes. Les arbres créent des micro-climats. Sous leur houppier la température montre de moins grandes variations, ce qui est favorable aux cultures. Ils protègent du vent et amortissent les pluies violentes. A l’automne la perte de leurs feuilles apporte de la matière organique aux plantes alentours et forme un paillage qui protégera le sol pendant l’hiver. Les racines des arbres peuvent pénétrer très profondément dans le sol, casser la roche mère et faire remonter les minéraux qui s’y trouvent. Ils sont d’une importance capitale pour le maintient des précipitations à l’intérieur des continents puisqu’ils permettent aux nuages d’atteindre les terres éloignées des côtes, sans quoi elles ne seraient jamais arrosées.

Une autre conception de l’agriculture

 

Garder un sol vivant implique de conserver une structure aérée pour que l’eau et l’air puissent y circuler. Cela veut dire qu’il faut à tout prix éviter d’écraser la terre avec les énormes tracteur super high-tech que l’on voit aujourd’hui. Cela implique forcément de concevoir le travail du sol autrement. Mais il ne faut pas y voir une contrainte, au contraire. Travailler à la main ou en traction animale demande plus de temps mais c’est aussi l’occasion d’employer plus de monde, cela créé de l’emploi. De récentes études (voir thèse de Kevin MOREL, INRA) ont montré que travailler à la main permet d’obtenir plus de rendements au mètre carré cultivé puisque cela permet d’intensifier les cultures (il n’y a pas besoin de prévoir des passages pour les roues de tracteurs entre les rangs de culture par exemple) et de rester compétitif puisque les charges liées à l’achat et à l’entretien de matériels mécaniques sont quasi nuls. Cultiver à la main donne la possibilité d’associer les cultures (on citera l’association dite des trois sœurs bien connue des Amérindiens : courge-haricot grimpant-maïs) et de favoriser ainsi une biodiversité importante. L’impact des ravageurs est limité puisqu’ils doivent parcourir des distances plus importantes pour trouver la plante qu’ils aiment voire même être repoussés par des plantes associées qu’ils n’aiment pas. Un équilibre se créé aussi bien au-dessus qu’en-dessous du sol où les racines des différents types de plantes s’arrangent pour optimiser l’occupation du sol. Elles utilisent l’eau et les nutriments au mieux et favorisent l’activité microbienne et fongique en produisant des sucres par leurs racines.

 

En conclusion, adopter des méthodes d’agriculture alternatives pourrait bien contribuer à résoudre un certain nombre des grandes problématiques actuelles. C’est maintenant à chacun de choisir où est ce qu’il veut investir son argent afin de contribuer à ce changement bénéfique pour tous. Posons-nous les bonnes questions et élargissons notre regard : c’est sûr, au moment de passer à la caisse l’addition sera peut être un peu plus élevée (et encore…) mais les conséquences bénéfiques sur notre santé, notre bien être, l’environnement…bref notre avenir, n’ont pas de prix ! Vous trouverez dans ces pages moules astuces et bons conseils pour, pas à pas, selon vos moyens, votre espace et votre disponibilité faire la révolution… mettre le rêve en évolution grâce à la culture des plantes.

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